Rock Me Now
20 novembre 2009
J’ai tellement peur. Partout. Tout le temps. Je tremble en permanence, j’angoisse. J’ai peur que tu t’en ailles, peur d’aller trop loin, peur de stagner. J’ai peur d’être malade, peur quand je suis malade. J’ai peur de la mort et j’ai peur de vivre. J’ai peur et je pleure et ma vie se résume à ça. Les moments de rémission, les moments de bien-être ne sont que des détails, des fantasmes. J’ai peur d’avoir peur toute ma vie. J’ai peur et ça me tue.
Nothing you can do could make me untrue to my guy
22 septembre 2009
Il est des choses qui ne s’expliquent pas. Il est le rayon de soleil qui vient réchauffer mon corps glacé sous les couches de laine. Il est le mot qui, dieu sait pourquoi, rend la phrase magique. Il est la main sur mon front les après-midis de fièvre. Il est la musique lancinante qui vient décorer les moments d’euphorie. Il est la pluie qui vient ponctuer les soirs de mélancolie. Il est le creux de ses reins quand il s’épanche entre mes jambes. Il est la violence insupportable et le cœur qui se tord. Il est la voix rassurante qui vient calmer les moments d’angoisse. Il est la nuit le jour et les rêves. Il est l’absent, le saint-esprit, le perpétuel présent. Il est l’incertitude du futur. Il est la cerise sur le gâteau. Il est mon cœur, mes poumons et mes veines. Il est les ratures sur mes cahiers. Il est le point de toutes mes phrases. Il est la dernière image, l’ultime soupir avant la mort.
Just don’t forget my state of mind is fragile
21 septembre 2009
Je me retrouve à écouter les musiques qui berçaient mes plus jeunes années. Les mots sont les mêmes, les souvenirs remontent.
Quand je regarde en arrière, quand je vois ceux qui m’accompagnaient à l’époque, j’ai l’impression d’être la seule à avoir grandi vraiment. A avoir laissé de côté la contemplation de l’ombre, l’auto destruction et les rêves d’amours impossibles. Quand je les entends je me dis que c’est bon parfois de grandir, que je suis heureuse d’avoir quitté ce monde. Je n’encense plus la douleur et refuse de faire passer mes défauts et mes caprices pour des blessures d’enfance impossibles à guérir.
En allant au cinéma seule il y a une semaine -chose que je n’avais plus faite en un an- j’ai retrouvé ces sensations enfouies. Cette douleur intenable, insupportable, insoutenable qui me tordait le ventre, et l’envie irrépressible de détruire mes tympans avec de la musique trop forte. Et le besoin de me débarrasser de ça en hurlant, en courant chez moi et en couchant mes tripes sur le papier, en vomissant ces mots qui déchiraient mes entrailles. Je n’ai pas hurlé, je suis rentrée chez moi les pas guidés par le rythme de ces vieilles musiques d’adolescence, et je me suis allongée, ma tête sur le point d’exploser.
Avant, les mots ne venaient jamais au bon moment. Je devais avoir mon carnet et mon crayon en permanence tant ils envahissaient mes pensées. Aujourd’hui, ils ne viennent plus, c’est tout.
Je n’ai pas tourné le dos à ce que j’étais avant. J’ai toujours la même tendance à engendrer des drames. Et même si je ne passe plus mes après-midis à raconter à mes copines les idées tyranniques qui traversaient mon esprit, et même si je ne passe plus mes après-midis à les écouter me raconter leurs nuits à pleurer, et même encore si je ne passe plus mes soirées à inventer des histoires d’amour, je continue à saboter tout ce qui me tient à cœur. Pour la beauté de la scission, les crises de larmes pour lesquelles je suis passée maître, pour le sentiment de vie qui m’envahit quand tout s’écroule devant ma gueule.
J’en ai le sentiment pourtant je n’ai pas grandi. J’arrête mes études chaque année pour en recommencer d’autres. J’élimine un à un mes rêves; le cinéma, adieu, l’écriture, adieu, l’amour, adieu.
Il semblerait même que je régresse. Au fur et à mesure que les jours passent, je m’efface.
Et quand il ne restera plus qu’un point de moi, quand le monde m’aura oubliée, quand le plus beau garçon du monde aura cessé de m’aimer, quand moi-même ne rêverai plus que de m’écraser, je mourrai le cœur empli de regrets, écrivant pour la dernière fois la vie que j’aurais voulu vivre.
If it’s already been done, undo it
20 juin 2009
J’ai rangé mon placard. Troqué la laine et le velours contre les robes légères et colorées. J’ai du mal à me défaire de l’hiver. Du mal à lui dire adieu. Est-ce que tu m’aimeras encore en été ? Je glissais mes bras sous ton manteau et on tremblait en chœur. Je mettais mes mains dans mes poches et j’imitais le pingouin et tu riais. Tu riais fort. Dans la chaleur de ton appartement on enlevait nos vêtements trempés par la pluie et tu aimais voir enfin ce corps caché par les couches infinies de vêtements. Tu n’as jamais vu une fille aussi frileuse que moi.
Puis j’enfilais tes fringues et tu me trouvais ridicule alors tu me déshabillais encore.
Le soleil de mai m’assassine et m’éloigne de toi. Les filles sont en jupe et bronzées. Est-ce que ma peau blanche continuera de t’obséder?
M’aimeras-tu encore les soirs d’été quand la sueur aura envahi nos corps. Me serreras-tu fort malgré la chaleur et les lumières dehors ?
Je serais plus belle que les autres, je serai plus grande. Si tu veux encore de moi.
Si tu veux encore de moi.
Love in the middle of the fire fight
12 mai 2009
Quand j’avais sept ans elle m’a dit je t’aime, je t’aime même si je suis une fille et que tu es une fille. A sept ans elle me faisait des dessins avec des cœurs et elle me regardait sans arrêt. Alors avec mes copines on se moquait d’elle et on refusait qu’elle joue à papa et maman avec nous.
Au tournant de ma douzième année elle m’a dit qu’elle allait faire l’amour. Il se piquait du haut de ses treize ans et elle l’aimait et ils sont allés dans sa chambre et elle n’avait presque pas saigné. Il a passé des mois à l’hôpital, et s’il n’est pas mort aujourd’hui, il est sûrement déjà quelque part d’où l’on ne revient pas.
A treize ans ils m’ont proposé mon premier pétard on est allé sur la voie ferrée puis chez l’un des deux, ils sniffaient du canard wc pendant que je m’enfilais les bières. J’ai passé quatre année près des rails, sans savoir jamais vraiment ce que je faisais là.
A quatorze ans il a changé ma vie, a joué avec mon cœur et l’a brisé. Quatre années durant il m’a empêché d’aimer un autre garçon.
A quinze ans cela faisait trois ans déjà qu’elle me racontait qu’elle se faisait violer. Trois ans qu’elle mentait. Trois ans que je ne faisais rien, partagée entre fascination et effroi. Je découvrais les trous dans ses veines et les raisons de sa maigreur. Aujourd’hui elle a les cheveux roses et je ne lui parle plus.
A seize ans j’observais les autres se détruire devant moi et j’écrivais la déchéance et les corps qui s’écrasent. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Je m’en fous.
A dix-sept ans j’arrêtais les études pour la première fois je ne mangeais plus et je rêvais de départ. J’ai dit adieu à cette vie là. Son ombre vient me hanter, certains jours.
A dix-huit ans je l’ai rencontré du haut de sa normalité il m’a dit je n’ai pas de démon mes cicatrices sont des blessures anciennes. Il m’a dit je t’aime et tes états d’âme ne me fascinent pas je les accepte car ils font partie de toi.
A dix-huit ans j’ai dit je t’aime pour la première fois, j’ai pleuré dans ses bras, je l’ai blessé, je l’ai embrassé. A dix-huit ans j’ai compris que la richesse n’était pas dans le malheur.
A la veille de mes dix-neuf ans j’ai accepté que le bonheur puisse être ma plus grande source d’inspiration. Et si je m’évertue à essayer de détruire ce qu’on a construit lui et moi, son sourire me rappelle que par dessus tout, je préfère vivre avec lui. Vivre tout avec lui. Avec nos quatre majeurs, on emmerde mieux mes démons.