29 mars 2008

Y’a des jours où tu sais plus quoi faire de tes cheveux.

Où même le maquillage n’arrive plus à cacher tes cernes.

Où chaque fringue que t’enfiles te grossis ou est trop petit ou est trop moche.

Où t’as l’impression de fondre à chaque phrase que tu prononces tellement tu te trouves conne.

Où t’as l’impression que tout le monde te regarde et rêve de te jeter des pierres. Alors qu’en fait, c’est toi qui as envie de te jeter des pierres.

Et en plus il pleut.

Et t’as même pas de parapluie.

Et t’as oublié tes clefs.

Des jours où t’as envie de creuser dans le sable à main nue. Et d’y enfouir ta tête. Comme une autruche.

Le cul en l’air.

Ce soir

9 mars 2008

O. S. Je te regarde et t’es beau. Et je crève d’envie de courir vers toi et de te gueuler putain t’es tellement beau tu le vois même pas c’est ta timidité et ta bêtise qui te rendent aveugle elles bouffent toute la place elles bouffent tout ton temps. C’est ton orgueil aussi. Tu te bats pour les mauvaises causes. Tu choisis la mauvaise voie, toujours. La mauvaise voix. Tu ne sais pas qui tu es tu ne l’as jamais su. Aujourd’hui je te regarde de loin tout est rompu. Mais j’ai tout de suite compris. Toi tu te battais contre les fantômes de ton passé à coup d’humour. Tu leur disais mais vous êtes insignifiants regardez je ris encore. Mais tu avais les yeux rouges d’avoir pleuré toute la nuit. Et tu écrivais. Sans jamais t’appliquer. C’était tes pattes de mouches. C’est toi qui le disais. T’étais la mouche et tu t’étalais de tout ton corps contre le papier. Mais tu mentais. Tu te mentais à toi-même. Ce que t’écrivais c’était tout sauf ta vie. Tu te trompais de mot. Inexorablement. Tout sonnait faux. Tout était bien trop lisse. Tu écrivais sur mes mains. Sur mes bras. Ça m’énervait. Je savais que chaque chose que tu dessinais sur moi resterait ancrée à jamais. Tes mots sont restés indélébiles.

Tu recopiais ce que les autres ont écrit avant toi. Tu croyais te reconnaître en eux. Mais toi tu es bien plus fou. Tu es déchiré par des sentiments beaucoup trop violents. Tu es brouillon et sale et t’as beau le cacher moi je le sais. Moi je le sais.
Toi et moi c’est l’adéquation parfaite. Mais ça non plus tu ne l’as jamais compris. Tu m’as laissé tomber. Mais quand je passais ma main dans tes cheveux. Je me heurtais à tes nœuds et à tes fourches. Pourtant. Rien n’a jamais été aussi doux.

Pauline

4 mars 2008

Elle est toute petite mais elle a des épaules immenses. Si larges que les oiseaux s’y posent. Elle est toute petite mais elle Elle est toute petite mais elle a des épaules immenses. Si larges que les oisaux s’y posent. Elle est toute petite mais elle paraît grande. Très grande. Comme un building. Mais pas un building qui se la raconte avec ses parois vitrées et son design et sa modernité. Non, elle c’est le vieux building qui existe depuis toujours, modeste. Elle est de ces vieux bâtiments qui, à la surprise générale, sont les seuls à rester debout, bien droits, après le séisme.

Elle est du genre à encaisser. Elle est solide comme le bois. Elle est un de ces grands arbres qui vous surveillent de toute leur hauteur sans jamais flancher. De ceux qui se sont pris la foudre, on plié sous le vent mais sans jamais s’effondrer. Elle attire la confidence, ces amoureux qui gravent sur elle leurs initiales entourées d’un cœur. Les gens s’approchent d’elle et lui confient leurs plus grands secrets, comme un vieil ami silencieux. Elle les abrite sous son ombre et ses feuilles.

Elle n’est pas du genre à aimer la métaphore. Mais c’est dur de parler d’elle comme d’un être humain. Un être humain ça connaît la lâcheté et la méchanceté. Du moins les êtres humains que je connais. Elle, elle n’abandonnerait jamais une cause qui en vaut la peine. Moi des fois j’aimerais bien qu’elle soit méchante et lâche parce que ça la laisserait respirer. Elle rirait du malheur des autres et leur cracherait à la gueule et ce serait petit et vile et vain mais ce serait plus léger pour elle. Et elle pourrait s’envoler.

Mais malgré tout je sais qu’elle va s’envoler. Un jour il va lui pousser deux petites ailes et y’en aura qui l’appelleront un ange et on saura qu’elle était vraiment pas humaine. Elle était bien mieux que ça.
Un ange prêt à supporter mes films étranges, mes musiques étranges, à m’écouter étaler mes fantasmes et à faire semblant de les trouver beaux pour pas me vexer, à m’écouter me lamenter ou partir dans des logorrhées inutiles et peu passionnantes et accepter le fait que je ne puisse être sincère que lorsque j’écris.