J’y crois encore des fois. A ce feu d’artifice sur l’écran. A ces mots qui prennent vie et explosent. A la salle qui se rallume sur leurs visages couverts de larmes. Et leurs sourires. Et leurs silences. Je les vois ceux qui attendent la fin du générique, dans l’espoir de voir quelques images, encore.
J’y crois des fois, encore. Je les vois comprendre. A leur façon. Je vois ces personnages avec qui j’ai grandi. Qui ont poussé en moi. Je les vois quitter mon corps, enfin, pour gagner leurs esprits. Je les imagine ces images salvatrices nettoyer tout ce bazar en moi.
Mais j’y crois moins, aujourd’hui. J’ai besoin de quelqu’un, quelqu’un. Un nom, tout près du mien, au générique. Toujours à deux, aux yeux de tous.

Oh que vois-je, Lys me titille sur mes lectures. Et comme j’aime bien Lys et que j’aime bien partager mes lectures, je réponds à sa chaîne, qui consiste à publier les 5 lignes qui suivent la 5ème ligne de la page 123 d’un livre.
J’aurais bien cité Lignes de faille de Nancy Huston que j’ai dévoré en quelques soirs, tremblante de froid dans un lit auvergnat, parce que c’est un réel chef d’œuvre, mais je l’ai laissé à ma soeur.

Alors ce sera un extrait de Brooklyn Follies de Paul Auster, parce que lui aussi, c’est un putain de chef d’œuvre :

“HARRY. – Pourquoi une telle morosité, jeune homme? Tu es sur le point de manger le meilleur dîner que tu auras eu depuis des années, tu es le benjamin des individus à cette table et, pour autant que je sache, tu n’as pas encore contracté de maladie grave.”

Et en super bonus, parce que je suis quand même grave géniale, mon passage préféré, enfin un de mes – le bouquin est parsemé de pages cornées et bouts de papier en tous genres faisant office de marque-page pour tous les passages magiques de ce livre – dans la suite.
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