Quand j’avais sept ans elle m’a dit je t’aime, je t’aime même si je suis une fille et que tu es une fille. A sept ans elle me faisait des dessins avec des cœurs et elle me regardait sans arrêt. Alors avec mes copines on se moquait d’elle et on refusait qu’elle joue à papa et maman avec nous.

Au tournant de ma douzième année elle m’a dit qu’elle allait faire l’amour. Il se piquait du haut de ses treize ans et elle l’aimait et ils sont allés dans sa chambre et elle n’avait presque pas saigné. Il a passé des mois à l’hôpital, et s’il n’est pas mort aujourd’hui, il est sûrement déjà quelque part d’où l’on ne revient pas.

A treize ans ils m’ont proposé mon premier pétard on est allé sur la voie ferrée puis chez l’un des deux, ils sniffaient du canard wc pendant que je m’enfilais les bières. J’ai passé quatre année près des rails, sans savoir jamais vraiment ce que je faisais là.

A quatorze ans il a changé ma vie, a joué avec mon cœur et l’a brisé. Quatre années durant il m’a empêché d’aimer un autre garçon.

A quinze ans cela faisait trois ans déjà qu’elle me racontait qu’elle se faisait violer. Trois ans qu’elle mentait. Trois ans que je ne faisais rien, partagée entre fascination et effroi. Je découvrais les trous dans ses veines et les raisons de sa maigreur. Aujourd’hui elle a les cheveux roses et je ne lui parle plus.

A seize ans j’observais les autres se détruire devant moi et j’écrivais la déchéance et les corps qui s’écrasent. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Je m’en fous.

A dix-sept ans j’arrêtais les études pour la première fois je ne mangeais plus et je rêvais de départ. J’ai dit adieu à cette vie là. Son ombre vient me hanter, certains jours.

A dix-huit ans je l’ai rencontré du haut de sa normalité il m’a dit je n’ai pas de démon mes cicatrices sont des blessures anciennes. Il m’a dit je t’aime et tes états d’âme ne me fascinent pas je les accepte car ils font partie de toi.

A dix-huit ans j’ai dit je t’aime pour la première fois, j’ai pleuré dans ses bras, je l’ai blessé, je l’ai embrassé. A dix-huit ans j’ai compris que la richesse n’était pas dans le malheur.

A la veille de mes dix-neuf ans j’ai accepté que le bonheur puisse être ma plus grande source d’inspiration. Et si je m’évertue à essayer de détruire ce qu’on a construit lui et moi, son sourire me rappelle que par dessus tout, je préfère vivre avec lui. Vivre tout avec lui. Avec nos quatre majeurs, on emmerde mieux mes démons.

One Response to “Love in the middle of the fire fight”

  1. *lys* Says:

    Pffiou… (Une fois de plus) C’est beau.


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