J’ai rangé mon placard. Troqué la laine et le velours contre les robes légères et colorées. J’ai du mal à me défaire de l’hiver. Du mal à lui dire adieu. Est-ce que tu m’aimeras encore en été ? Je glissais mes bras sous ton manteau et on tremblait en chœur. Je mettais mes mains dans mes poches et j’imitais le pingouin et tu riais. Tu riais fort. Dans la chaleur de ton appartement on enlevait nos vêtements trempés par la pluie et tu aimais voir enfin ce corps caché par les couches infinies de vêtements. Tu n’as jamais vu une fille aussi frileuse que moi.
Puis j’enfilais tes fringues et tu me trouvais ridicule alors tu me déshabillais encore.

Le soleil de mai m’assassine et m’éloigne de toi. Les filles sont en jupe et bronzées. Est-ce que ma peau blanche continuera de t’obséder?
M’aimeras-tu encore les soirs d’été quand la sueur aura envahi nos corps. Me serreras-tu fort malgré la chaleur et les lumières dehors ?
Je serais plus belle que les autres, je serai plus grande. Si tu veux encore de moi.

Si tu veux encore de moi.

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