Love in the middle of the fire fight
12 mai 2009
Quand j’avais sept ans elle m’a dit je t’aime, je t’aime même si je suis une fille et que tu es une fille. A sept ans elle me faisait des dessins avec des cœurs et elle me regardait sans arrêt. Alors avec mes copines on se moquait d’elle et on refusait qu’elle joue à papa et maman avec nous.
Au tournant de ma douzième année elle m’a dit qu’elle allait faire l’amour. Il se piquait du haut de ses treize ans et elle l’aimait et ils sont allés dans sa chambre et elle n’avait presque pas saigné. Il a passé des mois à l’hôpital, et s’il n’est pas mort aujourd’hui, il est sûrement déjà quelque part d’où l’on ne revient pas.
A treize ans ils m’ont proposé mon premier pétard on est allé sur la voie ferrée puis chez l’un des deux, ils sniffaient du canard wc pendant que je m’enfilais les bières. J’ai passé quatre année près des rails, sans savoir jamais vraiment ce que je faisais là.
A quatorze ans il a changé ma vie, a joué avec mon cœur et l’a brisé. Quatre années durant il m’a empêché d’aimer un autre garçon.
A quinze ans cela faisait trois ans déjà qu’elle me racontait qu’elle se faisait violer. Trois ans qu’elle mentait. Trois ans que je ne faisais rien, partagée entre fascination et effroi. Je découvrais les trous dans ses veines et les raisons de sa maigreur. Aujourd’hui elle a les cheveux roses et je ne lui parle plus.
A seize ans j’observais les autres se détruire devant moi et j’écrivais la déchéance et les corps qui s’écrasent. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Je m’en fous.
A dix-sept ans j’arrêtais les études pour la première fois je ne mangeais plus et je rêvais de départ. J’ai dit adieu à cette vie là. Son ombre vient me hanter, certains jours.
A dix-huit ans je l’ai rencontré du haut de sa normalité il m’a dit je n’ai pas de démon mes cicatrices sont des blessures anciennes. Il m’a dit je t’aime et tes états d’âme ne me fascinent pas je les accepte car ils font partie de toi.
A dix-huit ans j’ai dit je t’aime pour la première fois, j’ai pleuré dans ses bras, je l’ai blessé, je l’ai embrassé. A dix-huit ans j’ai compris que la richesse n’était pas dans le malheur.
A la veille de mes dix-neuf ans j’ai accepté que le bonheur puisse être ma plus grande source d’inspiration. Et si je m’évertue à essayer de détruire ce qu’on a construit lui et moi, son sourire me rappelle que par dessus tout, je préfère vivre avec lui. Vivre tout avec lui. Avec nos quatre majeurs, on emmerde mieux mes démons.
J’adore recevoir des coups de fils comme ça et apprendre plein de gossip c’est rigolo j’ai des amis merveilleux qui te disent ich liebe dich avec un superbe accent comme ça gratos et qui te disent “Spoted : J. and J. getting a fucking Big Mac” et hihi ça va être trop chouette tip top cool demain quand je vais les harceler de questions genre t’as pris des frites et toi J. t’as kiffé son… euh ton steak pardon et mouarf j’ai hâte
Et sinon y’a deux jours j’ai vu Bashung en concert en plein air en buvant du vin (tiens c’est original) et en gueulant et j’ai subi Hubert Felix Thieffaine bouh je le hais ils étaient marrant avec Paul Personne à jouer les Johnny avec leurs T-Shirt tête de mort j’avoue avoir été super bluffée par Personne parce qu’il joue de la guitare incroyablement bien mais je déteste déteste déteste Thieffaine et ses textes m’ont bien fait marré quand même genre “ton soleil s’est noyé dans un ghetto de pluie” et il parle de sperme moisi alors je me suis demandé toute la soirée sans oser le demander si le sperme pouvait vraiment moisir et en me disant que si j’étais un garçon je ferais tout un tas d’expériences rigolotes.
A well-deserved break
12 juillet 2008
A mon futur.
No way
5 avril 2008
Ces mots et ces sons. Et ces sensations et ces envies. Et ces peurs et ces regrets et ces remords. Et ces besoins. Et ces besoins, putains. Ces frissons ces rires ces voix ces voix. Ces regards ces pensées ces désirs ces craintes ces soifs. Ces urgences ces avalanches ces sarcasmes. Ces ironies ces musiques ces émotions. Ces amitiés ces déchirement ces fantasmes. Ces besoins. Ces douleurs ces douceurs. Ces gourmandises ces assouvissements ces sentiments. Ces joies ces bonheurs ces extases.
Ces manques ces choses inassouvies ces ventres qui se tordent et se serrent ces joues qui se caressent ces lèvres qui s’embrassent jusqu’à se mordre.
Ces moments qui arrivent sans crier gare et s’accumulent jusqu’à se vider de leur sens. Illisibles. Ces choses que je voudrais écrire pour m’en débarrasser mais qui ne sont que des silences des pages blanches et des envies de hurler.
Y’a des jours où tu sais plus quoi faire de tes cheveux.
Où même le maquillage n’arrive plus à cacher tes cernes.
Où chaque fringue que t’enfiles te grossis ou est trop petit ou est trop moche.
Où t’as l’impression de fondre à chaque phrase que tu prononces tellement tu te trouves conne.
Où t’as l’impression que tout le monde te regarde et rêve de te jeter des pierres. Alors qu’en fait, c’est toi qui as envie de te jeter des pierres.
Et en plus il pleut.
Et t’as même pas de parapluie.
Et t’as oublié tes clefs.
Des jours où t’as envie de creuser dans le sable à main nue. Et d’y enfouir ta tête. Comme une autruche.
Le cul en l’air.