Your breath is the most beautiful music, Honey
2 janvier 2009
A tes côtés mes mots se perdent. J’ai cru être amoureuse des milliards de fois, Honey, de garçons qui ont traversé ma vie. J’en ai noirci des carnets. Des mots d’amour. Je racontais mon cœur qui battait plus fort ou le manque ou encore leur beauté.
Tu es beau. Tu as un profil parfait. Si je savais dessiner je pense que j’aurais tracé mille fois déjà les contours de ton joli petit nez, j’aurais peint tes lèvres, tes lèvres douces, tes lèvres chaudes.
Je ne sais pas dessiner.
A tes côtés mes mots se perdent et les tiens se délient. Je me sens reine. Mon palais est fait de tes je t’aime mon trône des tu es belle. Tu les ravales, Honey, tu les ravales et tout s’écroule. Ma robe dans la boue, mon cœur dans la pierre.
Si je savais chanter, ce serait tes soupirs.
Je ne veux pas te faire ça. Je veux que tu te rappelles toujours mon regard. Je veux que tu vois dans mes yeux toutes ces choses que je ne dis pas. Si tes mots sont un royaume, Honey, les miens sont une prison.
Si je savais parler, ce serait de la douceur de tes bras et du temps qui passe vite ou qui ne passe pas.
Si je savais écrire, Honey, ce serait des poèmes incroyables qui feraient pleurer le plus insensible des hommes, ce serait des romans d’aventures deux êtres qui se regardent et qui se perdent.
Je ne veux plus de tout ça. Je ne veux plus des mots qui font perdre leur sens aux émotions. Tant pis si ça ne ressemble pas à tout ce qu’on a vu.
Si je savais danser, ce serait au rythme de ton coeur.
I feel your burning eyes
27 novembre 2008
Je fais glisser la ficelle entre mes doigts. La laine caresse doucement mes phalanges, serpente, s’enroule, s’emmêle. J’ai tout perdu.
Je fais un nœud et me rappelle le jour où je t’avais montré fièrement comment faire une étoile avec un élastique. Tu le passes entre ton pouce et ton index, tu le saisis, l’enroules, tournes. Je me rappelle le manque d’habileté de tes doigts. Tes doigts arqués, tes doigts ensanglantés, tes doigts immobiles, tes ongles rongés.
Je me souviens de la pluie qui caressait la fenêtre. Je sens l’intensité de l’orage ce soir.
Je déteste la pluie. Elle a un goût de mort. Je ne veux pas t’effacer, je ne veux pas t’oublier.
Je déteste la pluie. Je déteste l’orage.
La laine finit par me blesser, user mes doigts, les brûler. J’ai tout perdu. Ce soir. Et la pluie continue de tomber. Je déteste la pluie.
J’ai réduit ton pull en un amas de ficelles. J’ai tiré sur ce bout qui dépassait du col, j’ai senti les mailles se défaire, ce petit choc chaque fois qu’un noeud se délassait.
Je jetterais bien toute cette laine à la pluie. Qu’elle la dévore. Mais je sais qu’en sortant demain je la retrouverai par terre, trempée, pitoyable. Toujours là. J’ai tout perdu.
Et la pluie efface mes pensées. Efface tes mots tracés sur la fenêtre. Efface tes pas sur les pavés.
Je sais que demain je me réveillerai. Et cette pensée m’obsède.
Je sais que demain la pluie aura cessé. Et ça ne me rend pas plus heureuse.
Je crois que je ne serai jamais plus heureuse.
Where two and two always makes a five.
1 novembre 2008
T’autoriser à m’aimer cela veut dire renoncer aux longs après-midis bercés de douce solitude, renoncer à ces tristesses qui m’envahissent et me poussent à gratter les pages de mes vieux carnets.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire trouver des bras dans lesquels se reposer et se réchauffer le soir au bord de la mer. Ca veut dire trouver un corps sur lequel se défouler et faire exploser sa rage et sa haine et les émotions tortueuses.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire démêler le chaos qui envahit ma tête, ça veut dire trouver un exutoire à ces mots, à ces histoires, trouver un souvenir sur lequel les poser.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire passer du temps avec toi, beaucoup de temps, et devoir trouver des arrangements pour te voir toi et voir mes amis et voir mes parents, et renoncer à ces moments seule face à la musique ou au silence.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire ravaler mes larmes, ça veut dire se faire belle et moins boire, moins fumer, moins rêver, ça veut dire vivre dans le concret.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire te laisser apprendre à me connaître. Ca veut dire être vulnérable face à toi, ça veut dire renoncer aux mots pour te laisser d’un baiser d’une caresse guérir mes blessures.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire oublier ces balades seule à Nice à regarder la mer en hiver et rêver de tempête en Bretagne. T’autoriser à m’aimer ça veut dire laisser ta main me guider et me faire découvrir un monde que je ne maîtrise pas.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire accepter de te blesser, ça veut dire faire attention à ce que je fais et ce que je dis, car le moindre écart pourrait te détruire.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire m’éloigner de ma sœur de mon frère de ce doux cocon pour en créer un nouveau.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire briser cette douce routine, ça veut dire t’expliquer ces photos et pourquoi je suis comme ça.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire prendre le risque de te voir un jour lire ces bouts de papier qui remplissent mes tiroirs.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire sacrifier des années d’existence au profit d’un train de vie qui ne me convient pas. T’autoriser à m’aimer ça veut dire accepter le bonheur, ça veut dire t’aimer en retour, ça veut dire arrêter d’écrire, arrêter de chérir bêtement la mélancolie.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire renoncer à ce qui, étonnement, construit mon équilibre. Chérir ces petits moments de tristesse, tisser autour de l’horreur, creuser les plaies, vénérer ces estomacs qui se tordent, me complaire dans l’absence.
T’autoriser à m’aimer ça veut dire t’aimer en retour.
Ça veut dire t’aimer.
Et c’est probablement trop pour moi.
We’re already hoping for the wrong end
26 octobre 2008
No disrespect, but that’s how I am
10 octobre 2008
Passer des journées entières avec toi et me forcer à ne pas te toucher et me surprendre à te frôler en m’excusant déjà d’être aussi bête et maladroite et regarder droit dans tes yeux -noirs noirs noirs- et me sentir mal très mal en te voyant t’éloigner et me dire que je suis bête et que lundi -lundi c’est tout proche- que lundi je te serrai dans mes bras et si tu m’embrasses je te promets de t’embrasser en retour sans jamais plus me soucier de son sourire qui nous guette et qui m’attire et m’empêche de te tenir la main heure après heure dans les couloirs.